François Maubré au Livre sur la Place en 2016

François MAUBRÉ     avant-propos
>      La vie urbaine aujourd'hui, comme hier et sûrement demain, traîne ses drames quotidiens, en particulier celui des gens de la rue. Nous sommes tous coupables, quoi qu'on dise de ce dénuement qui encombre (qui souille, disent certains) les trottoirs, les couloirs de métro, etc…
>   Fallait-il utiliser le chemin de la poésie pour pousser ce cri ? Écrire un poème n'est pas un jeu. Parler de la misère n'en n'est pas un non plus. J'ai fait ce choix en toute conscience et ce recueil à double voix n'est que mon regard et mon ressenti. J'avais à dire et pour le faire, mes poèmes étant au bout de mes doigts : je n'ai pas trouvé d'autre voie.
>      Le concours gracieux de Sylvain Leser et  la force de ses photos ajoute un regard vrai sur ces SDF qu'il a rencontrés de multiples fois  Chaque photo est un témoignage qu'ils nous livrent ensemble.  A eux et à Sylvain, un grand merci...

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> Béatrice Marchal

    "Conscient que « nous sommes tous coupables, quoi qu’on dise, du dénuement » des gens de la rue, François Maubré a choisi la voie de ses poèmes « pour parler de la misère »,... Gris de trottoir et d’errance est aussi un « recueil à double voix », dont la première partie  Au seuil de nos portes  nous livre le regard et le ressenti propres du poète, et la seconde  Le trottoir, mon domicile fixe , ceux d’un sans-abri, à qui la parole est pour une fois donnée.
> Poème après poème, c’est une sorte de chronique de la vie dans la rue qui nous est livrée.
..  Le motif des « yeux baissés », voire de l’absence de regard, revient pour dire la soumission, la honte de soi, la « vie éteinte » en ceux qui la subissent. C’est leur faiblesse qui ressort, et face à elle,  la révolte du poète, exprimée par le rythme, contenue par la pudeur. 
> Le SDF n’a non seulement pas de logis – ni porte, ni clef… –, mais pas de sens : « moi/cloué à l’immobile/à la rue », « moi/collé à l’instant ». Nul amour non plus, dont lui point la nostalgie, le désir. Il est « une animalité étrange/ à la lisière de la vie » ; prévalent en lui le sentiment de son néant et de son rejet : « moi    lie intolérable/sous les fourches caudines/de toutes les haines », et bien sûr celui d’une précarité extrême, qui le livre, avec « l’angoisse de la nuit », à tous les dangers. Lui reste la nature, ce qui reste d’elle dans la ville (« Les soirs d’été au bord de l’eau/ mes yeux caressent la lune… »). A ces démunis qui « cherche[nt]/des mots introuvables », le poète prête généreusement les siens, avec un lyrisme aussi sûr que discret ; jusque dans la façon d’envisager la mort, où s’est réfugié l’espoir : « nu    avec vous/je serai votre frère […] la force de nos rires/détruira/bornes et frontières »
> Sept clichés du photographe Sylvain Leser renforcent, par la vérité du regard porté sur elle, l’évocation de la misère, juxtaposée à l’indifférence d’une société de consommation et de luxe. En définitive, la bonté du regard posé, par l’entremise de la poésie et de la photographie, sur ces êtres « gris de trottoir et d’errance » nous invite à leur répondre nous-mêmes par la fraternité.

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> Né en  1936, François MAUBRÉ est un Vosgien, PEGC retraité, membre du Club Yvan  Goll  de Saint Dié des Vosges  _ 40 années de spectacles de poésie tant pour les scolaires que pour les adultes, depuis sa création en 1971, à travers la Lorraine et l'Alsace, parfois plus loin, en Louisiane,  à Paris, en Bretagne par exemple...
> Il participe à la réalisation de la revue FANAL dans laquelle paraîtront quelques uns de ses poèmes.
> Depuis la dissolution  du groupe de poésie-théâtre en 2006, il  est toujours actif au sein de l'Association « Les amis de la Fondation Yvan et Claire Goll ». 
> Il est membre du Jury  « Prix de Poésie Francophone Yvan Goll » au côté de Béatrice Marchal. Edité dans les revues Point Barre, Comme en Poésie, Poésie sur Seine, Poésie Première, et Carnavalesques, il est l'auteur de quatre recueils  tous édités  aux Editions Aspect :
>      La Tonnelle  2008
>      Montagne de Printemps plaies de briques  2011
>      La Bouyre    2015
> et  Gris de trottoir et d'errance  2016

François Maubré à Paris

  François Maubré à la bra sserie "LE FRANCOIS COPPEE"

 

Présentation : Béatrice MARCHAL

 

Parfois
>    la nuit s'entête
>    à laisser grelotter
>    des solitudes
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>    silhouettes embrumées
>    sous carton d'emballage
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>    que l'aube sauve
>    chaque matin
                 

Chiendent de rue
> je vais   ici  là
> sans grandir
> dans une  poussière  
> de  silences
> et de mots pesticides
>
> plus serein le  pigeon   
> compagnon de trottoir
> sa liberté roucoulée
> au ciel des cathédrales                  
François MAUBRÉ  
Gris de trottoir et d’errance  Éditions Aspect, 2016    
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>                                                           

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  Le      
>                     TERRITOIRE DU POÈME
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>                                                VENDREDI 15 DÉCEMBRE 2017 à 15H30
>                                 BRASSERIE  « LE FRANÇOIS COPPÉE » (1er étage) 1, Boulevard du Montparnasse M° Duroc
>                                                                                      (Consommation de 6,50 Euros) 

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>         aura donc la joie de recevoir
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>                                                       FRANÇOIS MAUBRÉ                             
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>    pour son dernier recueil
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Gris de trottoir et d'errance

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François Maubré fait le buzz

Le dernier recueil de François Maubré, Gris de trottoir et d'errance, sorti de presse il y a quelques jours pour le Livre sur la Place de Nancy fait le buzz sur les réseaux sociaux.

 

Le sujet était difficile : comment en effet, parler de ceux que, dans la confusion, nous appelons les SDF, sans tomber dans une vaine compassion, voire dans l'apitoiement ou même simplement dans le pathos ?

Exercice d'équilibre donc.

Il a fallu à François Maubré mettre dans la balance des mots toute la sincérité- je pourrais dire toute la fraîcheur- d'un "honnête homme"(comme on disait du temps de Molière) ou d'un "brave homme", comme cela se dit encore dans nos campagnes.

L'artiste-photographe qui a bien  voulu nous céder les magnifiques clichés qui accompagnent les textes est bien connu: c'est Sylvain Leser dont vous trouverez le site sur internet : www.sylvainleser.com

J'attends sa permission pour reproduire les photos du recueil à la suite de cet article. En attendant nous le remercions pour sa gentillesse.

 extrait

Pour les gens de la rue

pas de porte à ouvrir

pour dire

bonjour entrez

vous prendrez bien un verre

 

pas de fenêtre à fermer

pour être tranquille chez soi

« avec tout c'qui s'passe maint'nant » 

pas mê                 pas même à ouvrir

pour engueuler les sales mômes

qui dérangent

à rire aux éclats

dans le soleil de la cour

 

 

 

 

 

LES ATELIERS DU MERLOUCHICQ

Renouvellant l'expérience réussie 2015, nous avons ouvert notre vieille ferme des Landes à des ateliers d'expression artistique qui se sont terminés par une soirée conviviale autour des textes, chansons et productions d'art plastique.

Venus de Paris, Danièle Corre et Bernard Fournier, épaulés par Nicolas, as de l'origami, ont été rejoints cette année par Véronique Bart et Philippe Vallet, nos amis d'Epinal, qui ont animé pendant 3 jours, des ateliers d'art plastique et d'écriture.

La soirée du 5 aout a réuni une trentaine de personnes, dont monsieur le maire de Saint André de Seignanx, Jean Baylet, très intéressé par cette initiative.

De nombreuses photos pour illustre ces 3 journées très créatives

 

  • Arts plastiques et écriture 1

    " Nuage à l'oeil inquiet
    Objet de métamorphoses
    Où se perd l'imagination"

  • Arts plastiques et écriture 2

    "Le chat borgne à l'oeil jaune
    guette par le hublot
    le vaste champ des étoiles"

  • Arts plastiques et écriture 3

    "Le soleil ne sait plus quel choc
    l'a conduit en éclats
    dans une danse de fantômes"

Alain Mabanckou à la Médiathèque de Castets (Landes)

Nous rencontrons régulièrement Alain Mabanckou tant à Nancy - Livre sur la Place ; librairie L'Autre Rive - qu'à Paris pour le Marché de la Poésie où il vient en visiteur lors de ses escales parisiennes.

L' écrivain - et professeur d'Université outre-Atlantique - est sympathique, ouvert, en un mot attachant. Sa faconde sans bavardage, ses commentaires sans afféterie, cette instantanéité pour trouver la bonne réponse, ou le bon mot ou tel ou tel proverbe ou expression congolaise pour conclure ou relancer la conversation en font un "bon client" des plateaux de télévision et de radio.

Il nous avait donné, pour le premier numéro de notre revue CARNAVALESQUES, quelques poèmes extraits de ce que nous appellerons, lui que la renommée a frappé, des "oeuves de jeunesse"*, avec ce qu'il y a de sincérité et de justesse d'écriture sous cette étiquette, trop souvent dévalorisante.

 

Nous aimons à le revoir - d'autant plus qu'il nous reconnaît - avec sa verve, ses à-propos, et ses souvenirs d'enfance qui croisent souvent nos souvenirs de jeunesse en Afrique.

Et c'est avec plaisir que nous l'avons retrouvé tel qu'en lui-même à Castets, jolie commune des Landes, invité par la Médiathèque départementale pour une rencontre dans la salle de cinéma face à la Médiathèque municipale.

Accueil sympathique de l'équipe culturelle, salle presque bondée, un animateur - Jean Antoine Loiseau -qui sait mener son propos avec intelligence et sans tirer la couverture à lui, un écrivain français - le pays de sa langue d'écriture - qui, récent professeur au Collège de France, visite son oeuvre - de Bleu-Blanc-Rouge à Petit-Piment en passant par Black-Bazar, bientôt film, Verre-Cassé et Mémoires de porc-épic, prix Renaudot 2007- avec simplicité et justesse, sous la houlette légère mais précise de Jean Antoine Loiseau, les ingrédients d'une belle soirée culturelle telle qu'on aimerait en voir plus souvent sur nos écrans, plats à plus d'un titre.

Dans quelques jours, un montage vidéo de cette soirée alimentera les sites de la Médiathèque départementale et celle de la ville de Castets.

LE VOICI avec nos remerciements

http://medialandes.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=2197:rencontre-avec-lauteur-alain-mabanckou&catid=4:a-venir&Itemid=71

 

*poésie

  • La Légende de l'errance, Éditions L'Harmattan
  • 1995 : L'Usure des lendemains, Nouvelles du Sud
  • 1997 : Les arbres aussi versent des larmes, L'Harmattan

Vosges-Matin parle Poésie !

Il est rare de trouver un article de la Presse régionale concernant la poésie d'aujourd'hui. Mais Vosges-Matin (est-ce le fait que les Vosges sont un foyer de poètes considérable ?) ne manque pas, et dans des articles de qualité, de mettre en avant les poètes régionaux (si, si, il en existe, ils ne sont pas tous à Paris !).

Ainsi de Richard Rognet et depuis quelques années, François Maubré, Annick Breton  et Jacques Pierre, pour ce qui concerne les éditions Aspect.

Bien sûr, il en est d'autres, chez d'autres éditeurs lorrains - Isolato ; la Dragonne rien que pour Nancy - et sur le Grand-Est (vent debout!)

 

pour agrandir l'article, cliquez sur l'image

Mireille Fargier-Caruso fait le Printemps

Printemps des Poètes exceptionnel à Épinal pour cette année 2016, un Printemps qui visitait tous les poètes du XXème siècle.

Si les hirondelles font le Printemps des jardiniers, le Printemps se conjugue aussi à Epinal - comme dans tous les bourgs et villes de France - avec la visite des Poètes.

L'invitée, Mireille Fargier-Caruso, venue de Paris, s'était installée dans les murs de la Cité des Images dès la veille de ce 23 mars, pour prendre l'atmosphère de la ville, appréciée sous un beau soleil.

Deux rencontres étaient organisées : l'une au Lycée Louis Lapicque, une tradition de 14 ans ; l'autre au Lavoir-Théâtre, ce lieu si particulier et trop souvent ignoré - boudé ?- des Spinaliens.

Lecture d'extraits d'une oeuvre importante, échanges et commentaires, questions et réponses ont rythmé deux heures d'une rencontre chaleureuse et constructive.

Venus en renfort pour l'après-midi au Lycée, Philippe Vallet ( "Pas de traces" ), Danièle Marche ("Sur le chemin du Merlouchicq" ) et Simone Cukier ont partagé avec les lycéens leurs lectures le temps d'un speed-poeting, trop court pour beaucoup.

 

La soirée s'est passée dans un climat chaleureux de lectures et

d'échanges dans le lieu chargé d'histoire qu'est le Lavoir-Théâtre, lavoir

au fil de l'eau et du temps et, depuis un demi-siècle - comme c'est vite

passé - un espace de culture qui a conservé au fil du temps, cet aspect

de cocon vieillot et poussiéreux qu'on apprécie tant.

Un peu de ces théâtres XVIIIème, avec leurs sièges rose passé, ces

rideaux de velours carmins à jamais ouverts, et ces odeurs (qu'on

imagine) de dessous de vieilles marquises...